dimanche 16 août 2015

PARIS MATCH - Gaspillage alimentaire - Le Don Quichotte de Courbevoie contre les éléphants du PS






L’origine d’une pétition qui a rassemblé plus de 210.000 signatures, le conseiller municipal arrive comme un chien dans un jeu de quille et bouscule le plan de Com de Ségolène Royal.

En mai dernier, le quotidien britannique le « Guardian » salue l’action politique d’un illustre inconnu. Arash Derambarsh, 36 ans, conseiller municipal de Courbevoie est en phase de devenir un symbole de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Six mois après son élection, l’élu organisait des collectes à la fermeture des grandes surfaces et découvrait qu’aucune loi en France ne les oblige à distribuer leurs invendus comestibles. Il lance alors, avec l’acteur Mathieu Kassovitz une pétition pour mettre fin au gaspillage de 20 kilos de nourriture par jour dans les grandes surfaces.Le succès est immédiat, amplifié par le soutien de célébrités comme Johnny Hallyday ou Omar Sy. Arash Derambarsh s’empare du sujet avec un aplomb déroutant.

Le thème est depuis longtemps dans les tuyaux au Parlement et des ministères. Trop longtemps. Un pacte national signé en 2013 a donné lieu à la désignation d’un comité de pilotage… Puis une mission parlementaire a été confiée en 2014 au député Guillaume Garot (PS). L’ancien ministre délégué à l’agro-alimentaire du gouvernement Ayrault prépare une loi… pour 2015. Contrairement à l’élu de Courbevoie, il ne veut pas rendre obligatoire la distribution des invendus comestibles, mais améliorer le système de défiscalisation pour les bons élèves. Une subvention déguisée, forcément plus incitative pour les grandes surfaces. Tandis que Garot prépare sa loi, le «Don Quichotte» de Courbevoie continue sa croisade en martelant qu’il faut contraindre les supermarchés et les hyper à distribuer leurs invendus consommables quand \une association leur demande.

Il gagne le soutien de la Croix rouge, Action contre la faim et de One France, l’association du chanteur Bono. Dans les couloirs de l’Assemblée Nationale, il rencontre Frédéric Lefebvre.


Bertrand Guay - AFP

L’ancien conseiller parlementaire lui propose de déposer un amendement dans la loi Macron en discussion à l’Assemblée. Mais le ministre de l’Economie, briefé par son Premier ministre, convainc Lefebvre de retirer l’amendement qui court-circuite le programme gouvernemental. Le rapport Garot va donner lieu à un amendement Garot puis à une loi Garot, un plan cousu de fil blanc avec à l’horizon un bel outil de promotion pour la conférence climat Cop21. La cause défendue par Lefebvre sera traitée en temps voulu. Le député accepte. Moins conciliant, Arash Derambarsh fonce au Sénat. Il convainc Nathalie Goulet (UDI) de glisser un amendement lors du vote en deuxième lecture de la même loi Macron. L’amendement est voté à l’unanimité le 10 avril. Quatre jours plus tard, Guillaume Garot remet son rapport à la ministre de l’Ecologie. Arash a pris une longueur d’avance, mais juge l’amendement qu’il a fait voter au Sénat trop «light» (il ne concerne que les supermarchés de plus de 1000 mètres carrés). Il retourne voir Frédéric Lefebvre qui lui propose cette fois d’amender la loi sur la transition énergétique bientôt discutée à l’Assemblée. Mais Guillaume Garot est prioritaire sur ce thème et sur ce texte.






Arrive le vote à l’Assemblée nationale, Frédéric Lefebvre défend son amendement et rend hommage à la mobilisation de l’élu de Courbevoie. Le député Guillaume Garot dépose lui aussi son amendement. Surprise, il propose lui aussi d’obliger les grandes surfaces à distribuer les invendus consommables. Finie l’idée d’améliorer le système de défiscalisation… A initiative égale, la majorité socialiste préfère donc celle qui est portée par son propre parti. Normal. «Vieille technique», confie un connaisseur.

La proposition de Garot est retenue, celle de Frédéric Lefebvre passe à la trappe. Tans pis. «L’essentiel c’est que le projet soit porté peu importe par qui», explique-t-il à Arash Derambarsh. D’ailleurs «le Guardian», trois jours après le vote attribuera la paternité de l’amendement Garot à… Arash Derambarsh, dont l’activisme a effectivement porté ses fruits.

LES MISES EN GARDE DE FRÉDÉRIC LEFEBVRE

En séance ce 21 mai, Lefebvre prévient de la nécessité de coordonner les deux amendements sur le gâchis alimentaire: celui déposé par Nathalie Goulet au Sénat dans la loi Macron et celui déposé par Garot dans la loi Royal. Un détail technique qui a son importance. Selon le député Lefebvre, promouvoir l’un sans l’autre comporte un risque compte tenu de la jurisprudence du Conseil constitutionnel dite de «l’entonnoir». Des propos qualifiés «d’anxiogènes» par le président de la commission des affaires économiques François Brottes (PS). Ils seront pourtant prémonitoires.

Le Conseil constitutionnel vient en effet d’annoncer jeudi dernier le rejet de l’amendement Garot… «Les amendements ont été introduits en nouvelle lecture (…). Ces adjonctions n’étaient pas à ce stade de la procédure en relation directe avec une disposition restant en discussion (…) n’étaient pas non plus destinées à opérer une coordination avec des textes en cours», peut-on lire dans la conclusion des sages. Autrement dit, en refusant de concilier les amendements Garot (PS) et Goulet (LR), le législateur vient, comme l’avait prévenu Lefebvre, de se tirer une balle dans le pied.

"IL FAUT LÉGIFÉRER D’URGENCE"

Voilà Ségolène Royal bien embarrassée. A la manœuvre depuis le début de cette campagne, elle s’était enorgueillie dans un tweet du 22 juillet de «sa» proposition sur le gâchis alimentaire – oubliant même de citer Garot… A trois mois de la Cop21, la voilà privée de loi pour réduire le gaspillage alimentaire. Dommage.

Son député Guillaume Garot promettait hier dans un tweet de déposer une proposition de loi dès la rentrée. 

Mais trois heures plus tard, ce n’était pas sa proposition qui était déposée à l’Assemblée… mais celle des députés Républicains Frédéric Lefebvre et Jean-Pierre Decool. «Il faut légiférer d’urgence», lance Frédéric Lefebvre quipropose de réunir des signatures de droite et de gauche.

En attendant que les Gaulois se mettent d’accord, la Commission européenne étudie le texte «économie circulaire» qui prévoit lui aussi de limiter le gaspillage des ressources. Voté en juillet par les eurodéputés à Strasbourg, ce texte sera présenté dans sa version définitive à la fin de l’année au moment de la Cop21. 

Il contient un petit amendement sur la lutte contre le gâchis alimentaire déposé par Angélique Delahaye (LR) et poussé en coulisse par… Arash Derambarsh, l’élu qui revient par la fenêtre quand on le sort par la porte.

jeudi 13 août 2015

[Enquête Le Monde] Gaspillage alimentaire - Arash Derambarsh est bien à l'origine de la loi

Enquête du journaliste Charles Dos Santos (Blog - Le Monde).

Gaspillage alimentaire - Arash Derambarsh est bien à l'origine de la loi


Arash Derambarsh et les bénévoles à #Courbevoie © Copyright Joel Saget - AFP.
Arash Derambarsh et des bénévoles à Courbevoie
© Copyright Joel Saget - AFP.
Enquête - Blog Le Monde - 21 juillet 2015
Arash Derambarsh, élu municipal à Courbevoie, est à l'initiative de la loi sur le gaspillage alimentaire en France, voté à l'unanimité le 21 mai dernier à l'Assemblée Nationale. Toute la presse internationale a salué son travail.
Décidé d'aller plus loin, avec de nombreux soutiens de poids (la Croix Rouge française et Action Contre la Faim), il vient de s'engager dans une campagne européenne afin d'obtenir une directive européenne dans les prochains mois. Il espère faire voter une directive européenne avant la fin de l'année.
Mais alors que ce travail de terrain a été reconnu et salué par la grande majorité de l'opinion publique, il a pourtant été récupéré par Ségolène Royal le vendredi 10 juillet 2015.
Par deux tweets ("ma proposition" et "#LoiRoyal"), la ministre a mis en colère M. Derambarsh et ses nombreux soutiens. "Elle méprise le travail de terrain de centaines de bénévoles, et cette façon de faire de la politique est une imposture", affirme Arash Derambarsh. Certains y verraient une petite maladresse ; Lui, y voit plutôt une "vraie erreur politique" et ne tarde pas à le déplorer dans les médias. Ce n'est pas faute d'avoir demandé un rendez-vous. Mais l'élu de Courbevoie n'a jamais été reçu. Ségolène Royal étant visiblement "débordée de travail et indisponible". Toutefois, faute de ne pas avoir obtenu une rencontre avec la ministre, Arash Derambarsh a tout de même avancé dans sa quête.
Loi Macron : Amendement déposé au Sénat.
Très présente et visible sur Twitter, soutien de la première heure d'Arash Derambarsh durant sa campagne municipale à Courbevoie, Nathalie Goulet a saisi l'opportunité de la loi Macron pour y faire glisser un amendement.
Celui-ci a été voté à l'unanimité par les sénateurs le 10 avril 2015. Toutefois, il ne concernait que les supermarchés de plus de mille mètres carrés et ne prévoyait qu'une simple "faculté" de distribuer les invendus consommables. L'obligation avait donc disparu.
Qu'à cela ne tienne, Arash Derambarsh cherche une nouvelle loi pour y glisser un amendement prévoyant l'obligation.
Deux amendements similaires déposés à l'Assemblée Nationale. L'un accepté, l'autre pas.
Guillaume Garot n'est pas non plus à l'origine de cet amendement voté le 21 mai. En effet, il convient de connaitre les coulisses de cette affaire.
Par deux fois, Guillaume Garot exprime son opposition à la proposition d'Arash Derambarsh (Le JDD - 05 avril 2015 et Le Monde - 6 avril 2015).
Lorsque l'amendement a été voté au Sénat, Arash Derambarsh et le député Frédéric Lefebvre (UMP - Les Républicains) se concertent.
Il convenait d'obtenir plus qu'une simple faculté. C'est alors que la loi "transition énergétique" a pointé son nez dans les débats. L'occasion était trop belle pour la manquer. Il y avait une fenêtre de tir pour y intégrer un amendement.
C'est ainsi que le député Frédéric Lefebvre décide alors de déposer à l'Assemblée Nationale l'amendement "Arash Derambarsh", fondé sur sa pétition. Il le dépose en premier (Amendement 700).
Ayant appris cela, le député socialiste Guillaume Garot s'empressa de déposer aussi un amendement identique (amendement 922) une heure et demie après celui du député UMP (Républicains aujourd'hui).
Le groupe socialiste étant majoritaire à l'Assemblée Nationale, il était dès lors aisé d'écarter l'amendement de Frédéric Lefebvre au profit de l'amendement Garot, et de faire croire qu'il en était à l'origine. Ceci afin d'obtenir une couverture médiatique et un gain politique. Qu'importe d'ailleurs la conviction personnelle et l'opposition permanente à la proposition d'Arash Derambarsh (JDD et Le Monde).
Guillaume Garot n'était pas à son premier coup d'essai. Rappelons que le député Jean-Pierre Decool (UMP - Les Républicains) avait déposé une proposition de loi pour lutter contre le gaspillage alimentaire, le 19 décembre 2014. Cette dernière avait finalement fait l'objet d'une "motion de renvoi" en commission. Monsieur Garot souhaitait coûte que coûte donner son nom à la loi.
Mais la persévérance et la force de frappe inouïe d'Arash Derambarsh ont imposé à l'ancien ministre délégué à l'agroalimentaire de se ranger sur sa proposition fondée sur la pétition de Change.org.
En effet, de nombreux ténors du PS ont demandé à M. Garrot de soutenir cette proposition (en exclusivité la lettre de Jack Lang à Guillaume Garot) ou encore les députés Alexis Bachelay et Pouria Amirshahi. Enfin et surtout, il y a eu le soutien de l'Elysée. Ainsi, le chef de cabinet adjoint, Christophe Pierrel et Philippe Vinçon (conseiller agriculture du Président de la République) ont reçu Arash Derambarsh et sa délégation, le 5 mai 2015, en présence de Guillaume Garot.
Lettre de Jack Lang à Guillaume Garot

Après la France, l'Europe !
Arash Derambarsh, accompagné de bénévoles de Courbevoie, a été reçu le 11 juin à l'Elysée par Patrice Biancone (conseiller ONG et associations auprès du Président François Hollande) avec la direction des ONG de "la Croix Rouge Française" et "d'Action Contre la Faim". L'élu municipal a reçu un soutien de la Présidence de la République afin d'étendre la législation Française dans l'Union Européenne.
Celui-ci souhaite appliquer le traité de Lisbonne en invoquant l'initiative citoyenne européenne (ICE). Créé par le traité de Lisbonne en 2007, l'Initiative Citoyenne Européenne permet à chaque citoyen de participer à l'élaboration de la législation européenne. Le texte doit recueillir un million de signatures dans un quart des pays de l'Union Européenne, avec un seuil minimum pour chaque pays.
La pétition d'Arash Derambarsh est co-lancée avec Nicole Fontaine et Mathieu Kassovitz (France), Daniele Messina (Italie), Frédéric Daerden (Belgique), Nikos Aliagas (Grèce), Manuel Bruscas (Espagne), Tristram Stuart (Royaume-Uni), Claudia Ruthner (Allemagne).
Coup de théâtre européen !
Ce fameux 19 décembre 2014, lorsqu'il a commencé à distribuer des invendus consommables dans le centre commercial de Charras à Courbevoie, avec l'accord du supermarché Carrefour Market, peu de ceux qui ont pu en bénéficier pouvait alors penser que derrière le sourire généreux de ce trentenaire hyperactif, Arash Derambarsh souhaitait que cela devienne la règle au niveau hexagonal puis au niveau européen. Huit mois plus tard, son obstination commence à payer.
Ainsi, dès lors que l'amendement interdisant aux grandes surfaces de de ne plus jeter leurs invendus alimentaires et/ou de les détruire mais de les fournir à toutes associations qui en feraient la demande, l'élu courbevoisien se tourne sans plus attendre vers le droit communautaire. Et cela sans même attendre que les décrets d'application soient publiés au Journal Officiel en France.
En concertation avec la députée européenne Angélique Delahaye, l'amendement est adopté par le parlement européen le 9 juillet.
"Pour rendre applicable tout ça sur le continent, il faut maintenant que ça soit validé par la Commission Européenne et j'espère que ce sera fait avant la fin de cette année", espère le dynamique conseiller municipal.
Plus discret sur la suite de son travail, à peine reconnait-il, à demi-mot, qu'il va rencontrer "de nombreuses personnalités" d'ici à la fin de l'année. Alain Juppé vient d'ailleurs récemment de lui apporter son soutien.
Il y a fort à parier qu'Arash Derambarsh ne manquera pas d'énergie pour que l'agenda qu'il a en tête, se concrétise dans les faits, dans le second semestre 2015 et que son projet soit applicable dès 2016 dans toute l'Europe.
Rendre à César ce qui appartient à César.
D'un travail de terrain à Courbevoie, jusqu'au parlement européen, Arash Derambarsh aura été le "Robin des Bois français" de 2015, comme l'a titré fort justement l'AFP dans un portrait le concernant.
L'élu de Courbevoie a réussi l'exploit de devenir "la figure internationale du gaspillage alimentaire" en seulement quelques mois. Et de faire bouger les lignes de notre pays au profit des démunis.

mercredi 22 juillet 2015

[Tribune Le Monde] « Mettons fin au gaspillage alimentaire en Europe ! »

journal Le Monde 


Le Parlement européen a voté, le 9 juillet dernier, une résolution historique grâce un amendement déposé par la député européenne Angélique Delahaye. Ainsi, dans le cadre d’une résolution sur l’« économie circulaire », les eurodéputés ont adopté un amendement par lequel ils invitent la Commission européenne à encourager la création, dans les 28 États membres de l’Union Européenne, de conventions prévoyant que le secteur du commerce alimentaire de détail distribue les produits non vendus à des associations caritatives.

En Europe, plus de 80 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Et alors que beaucoup ont du mal à nourrir leurs familles et faire face à la crise, chaque supermarché, dans l’Union Européenne, jette plus de 40kg de nourriture par soir ! Il faut savoir que 40kg de nourriture consommable invendue correspond à 500€. Et cela permet de nourrir une centaine de personnes. L’impact sur le plan européen permettrait d’éradiquer une partie de la faim sur notre continent.

Le 21 mai dernier et en seulement quatre mois, grâce à notre mobilisation citoyenne, nous avons obtenu qu’une loi soit votée à l’unanimité par le parlement français, obligeant tous les supermarchés à donner leurs invendus. Cette victoire française a rencontré un écho extraordinaire partout dans le monde. C’est donc le moment d’étendre la mobilisation pour obtenir une mesure similaire au niveau européen pour stopper le gâchis alimentaire dans chaque pays de l’UE.

Nous lançons donc un appel solennel au président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, et aux 28 chefs d’Etat de l’Union Européenne (dont Angela Merkel, David Cameron, François Hollande ou encore Matteo Renzi qui ont déjà marqué leur intérêt), pour que l’amendement voté par le Parlement européen, devienne une directive européenne et qu’il s’applique dans tous les pays de l’Union, afin que les supermarchés ne jettent plus de nourriture dans aucun pays d’Europe.

Cette directive, à l’image de la loi votée en France ou à Herstal en Belgique est simple : Elle obligerait chaque supermarché à faire don de ses invendus à l’association de son choix. Elle facilitera la récupération des invendus consommables d’un supermarché par des bénévoles. Ces derniers pourront ensuite les distribuer immédiatement aux personnes nécessiteuses, notamment les SDF.

Concrètement, chaque citoyen pourra créer une association et en déposer les statuts à sa mairie. Celui-ci pourra ensuite s’adresser à l’enseigne de son choix dans sa commune, afin que celle-ci lui remette les invendus pour une distribution le soir même. Il y aura donc deux sortes d’associations pour la distribution de nourriture : les associations agréées qui peuvent stocker (les Restos du cœur, Secours catholique, Secours populaire, Samu social, Croix rouge…) ; et les associations agréées qui ne peuvent pas stocker en raison d’absence de locaux permettant le respect de la chambre froide. Dans ce cas, ce serait une distribution immédiate le soir même. Si aucune association ne vient interpeller une enseigne, l’obligation ou la contrainte ne fonctionne donc pas. Ceci pour rassurer les enseignes et les commerçants. Chaque commune pourra ensuite informer les citoyens de cette initiative. Cela permettra de mobiliser de nombreux bénévoles. 

Enfin, le surplus de nourriture sera cédé automatiquement aux associations agréées qui peuvent stocker la nourriture. C’est la création d’un réel droit opposable. 

La Commission européenne et les chefs d’Etat européen ont une chance historique de prouver que l’Europe de la fraternité existe.


Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix Rouge française ; Stephanie Rivoal, présidente Action contre la faim ; Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen, ancienne ministre et Arash Derambarsh, conseiller municipal (LR) de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

samedi 18 juillet 2015

Gaspillage alimentaire : Alain Juppé soutient Arash Derambarsh

Alain Juppé et Arash Derambarsh


Maire de Bordeaux, Alain Juppé vient officiellement d'apporter son soutien à Arash Derambarsh pour son combat contre le gaspillage alimentaire. Un juste combat que le conseiller municipal (Les Républicains) de Courbevoie a remporté en France avec l'unanimité de la cause avant de prendre le même chemin à l'échelle de l'Europe.

Ce jeudi, le parlement a en effet voté en faveur d’une proposition du groupe PPE sur l’économie circulaire, dans laquelle la députée Angélique Delahaye avait intégré la semaine dernière un amendement pour interdire le gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces.

La proposition a été adoptée par 394 votes pour, face à 197 voix contre. Par ce vote, le parlement incite donc la Commission européenne à agir en faveur de la distribution à des associations caritatives, des invendus des grandes surfaces. 

Amendement Historique voté au Parlement européen contre le gaspillage alimentaire



AFP 

Dans le cadre d'une résolution adoptée à Strasbourg et portant sur l'« économie circulaire », les eurodéputés ont adopté ce jeudi un amendement par lequel ils «invitent la Commission européenne à encourager la création, dans les États membres, de conventions prévoyant que le secteur du commerce alimentaire de détail distribue les produits non vendus à des associations caritatives». « C'est une première étape dans la lutte contre le gaspillage alimentaire en Europe », a commenté Angélique Delahaye, élue conservatrice française qui a déposé cet amendement.

« On doit encore convaincre les récalcitrants. Et puis la prochaine étape c'est de convaincre la Commission européenne, Jean-Claude Junker, les chefs d’État de l'Union européenne », a ajouté Arash Derambarsh, un élu local français parti en croisade contre le gaspillage alimentaire. M. Derambarsh est à l'origine d'une loi française, adoptée en mai dernier, qui interdit à la grande distribution de jeter ou rendre impropres à la consommation la nourriture invendue de ses rayons: sous peine d'une amende pouvant atteindre 75 000 euros, les supermarchés et hypermarchés de plus de 400 m² devront dorénavant conclure des accords de dons avec une association caritative.

L'élu local rêve désormais de voir une loi similaire adoptée au niveau européen. « On voit que les gens crèvent de faim avec la crise en Grèce, les problèmes au Portugal, en Espagne, en Italie. On ne peut pas continuer comme ça », a-t-il plaidé.

La proposition a été adoptée par 394 votes pour, contre 197 voix contre. Par ce vote, le parlement incite donc la Commission européenne à agir en faveur de la distribution à des associations caritatives, des invendus des grandes surfaces. Cet objectif, comme l’indiquait Arash Derambarsh, élu municipal de Courbevoie qui a impulsé l’initiative, au Figaro, « doit être atteint d’ici la fin de l’année."

                    

A lire :


Stop au gaspillage alimentaire en Europe





Suite à une campagne dynamique et enthousiaste qui n'a duré que quatre mois, nous avons obtenu levote d'une loi historique à l'Assemblée Nationale le 21 mai dernier.

Cette loi impose les supermarchés de céder leurs invendus consommables à l'association de leur choix.
Il convient toutefois d'étendre cette législation à l'Union européenne.

En effet, en Europe, sur 280 millions d'habitants, plus de 80 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Et alors que beaucoup ont du mal à nourrir leurs familles et faire face à la crise, chaque supermarché, dans l'Union Européenne, jette plus de 40kg minimum de nourriture par soir !

Grâce à notre mobilisation citoyenne sur Change.org, nous venons de faire voter en France une loi obligeant tous les supermarchés à donner leurs invendus. Cette victoire française a rencontré un écho extraordinaire partout dans le monde comme ici avec le Guardian.

C'est donc le moment d'étendre la mobilisation pour obtenir une loi similaire au niveau européen pour stopper le gâchis alimentaire dans chaque pays européen.

Nous avons besoin de tous les citoyens pour que cette loi française devienne une directive européenne. Elle pourra ainsi s'appliquer dans tous les pays de l'Union, afin qu'on ne jette plus de nourriture dans aucun pays d'Europe.

Cette directive que nous voulons est simple : obligation pour chaque supermarché de donner ses invendus à l'association de son choix.

Concrètement, voici ce que nous voulons comme encadrement légal :

1. Chaque citoyen peut créer une association et déposer les statuts (validés au préalable à la préfecture évidemment) à sa mairie. Celui-ci pourra ensuite s'adresser à l'enseigne de son choix dans sa commune, afin que celle-ci lui remette les invendus pour une distribution le soir même (à l'instar de notre initiative à Courbevoie).

Il y aura donc deux sortes d'associations pour la distribution de nourriture : les associations agréées qui peuvent stocker (les Restos du cœur, Secours catholique, Secours populaire, Samu social, Croix rouge...) ; et les associations agréées qui ne peuvent pas stocker en raison d'absence de locaux permettant le respect à la chambre froide. Dans ce cas, ça serait une distribution immédiate le soir même (à l'instar de mon association "Courbevoie 3.0").

Si aucune association ne vient interpeller une enseigne, l'obligation ou la contrainte ne fonctionne donc pas. Ceci pour rassurer les enseignes et les commerçants.

2. Chaque commune pourra informer les citoyens qu'il y aura cette initiative. Cela permettra de mobiliser de nombreux bénévoles. Exactement comme j'ai fait à Courbevoie (tribune dans le "Courbevoie magazine", communication via Facebook, Twitter).

3. Le surplus de nourriture sera cédé automatiquement aux associations agréés qui peuvent stocker la nourriture. Je rappelle, comme vous le savez, que les Restos du cœur (comme toutes les autres) font des collectes de nourriture en ce moment.

Nous voulons donc la reconnaissance d'un réel droit opposable européen, ainsi que la création d'un encadrement légal pour la distribution directe des invendus consommables.

La Commission européenne prépare actuellement une "stratégie sur l'économie circulaire" qui inclut la lutte contre le gaspillage et elle vient de lancer une consultation publique pour recueillir les avis des citoyens sur cette question. Si nous sommes des centaines de milliers à demander à la Commission européenne d'inclure l'obligation pour les supermarchés de donner leurs invendus alimentaires, elle ne pourra pas ignorer notre appel.

Nous lançons donc une grande pétition européenne pour dire "Stop au gâchis alimentaire en Europe/ Stop Food Waste in Europe !".

Avec mon ami Mathieu Kassovitz et Nicole Fontaine (ancienne Présidente du Parlement européen), nous mènerons cette campagne Européenne avec les ONG "Action contre la Faim" et la "Croix Rouge Française".

Cette pétition est lancée simultanément dans 6 autres pays en Europe par des personnalités qui, comme nous, veulent mettre fin au gaspillage alimentaire.






Disons "Stop au gaspillage alimentaire en Europe !"

vendredi 19 juin 2015

Arash Derambarsh sur I>Télé et Canal Plus : "la Loi sur le gaspillage alimentaire est un vote Historique !"


Les députés ont adopté, le 21 mai 2015, à l'unanimité des amendements au projet de loi sur la transition énergétique qui visent à limiter le gaspillage alimentaire. 

Le texte prévoit d'empêcher les moyennes et grandes surfaces de rendre impropre à la consommation les invendus. 
Une loi félicitée par le conseiller municipal (UMP - Les Républicains) à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Arash Derambarsh, qui qualifie la décision le vote d’« Historique ». 


Il a été reçu deux fois à l'Elysée le 5 mai et le 11 juin.


«Avant la loi, seules les associations qui pouvaient stocker la nourriture, pouvaient la récupérer auprès des enseignes et la redistribuer», a-t-il expliqué sur i-Télé. Il assure que désormais, «n'importe quelle association peut venir récupérer de la nourriture consommable».



Loi sur le gaspillage : «un vote historique... par libezap

jeudi 18 juin 2015

THE LAW ON FOOD WASTE : FROM COURBEVOIE TO THE ASSEMBLY



For three nights every week in the months of December and January, along with friends and volunteers in my town of Courbevoie, we recovered unsold food from the Carrefour Market Charras supermarket, for distribution to needy people, especially the middle class and the homeless.


Arash Derambarsh
Copyright : Bertrand Guay (AFP)

Thanks to this experience, along with my friend Mathieu Kassovitz, who is knowledgeable about this issue, we decided to start apetition on Change.org for legislation requiring all French supermarketsdistribute their unsold food.

As of today, more than 210,000 people have signed it ! It has received more signatures than any other ‘ecological / agriculture’ petition on an online site in France.

Why create a law ?

Today in France, we have :

•          On the one hand, a middle class that has more and more economic problems. Indeed, from the 10th of each month, millions of French are out of money after paying their rent and expenses. In addition, there are more and more homeless on our streets.

•          On the other hand, every supermarket throws away more than 40 kilogrammes of food every day. This is unthinkable with the current economic crisis !

Our proposal was therefore simple and effective: to pass a law requiring or incentivising supermarkets to give – night after night – all their unsold food to the association of their choice.

Thus, with a legal framework, there would be three consequences :

1. Every citizen can create an association and file the articles (validated beforehand by the prefecture) to its town hall. This could then apply to the store of choice in its area, asking that it hand over its unsold food for distribution (as with our initiative in Courbevoie).

There will be two kinds of associations for the distribution of food : approved associations that can store items (such as the charities Secours Catholique, Secours Populaire, the Red Cross and so on) and approved corporations that cannot store food because of lack of a cold room. In this case, the organisation would immediately distribute food the same evening (as with my association, Courbevoie 3.0).

2. Each municipality may inform its citizens about this initiative. This will mobilise many volunteers, just like I did in Courbevoie (through contributions to the Courbevoie magazine and communication via Facebook, Twitter).

3. The surplus food will be automatically transferred to approved associations that can store it. This is important as, at the present moment, the Restos du Coeur [a French charity that delivers food packages and hot meals ], like other charities, is having to carry out food drives to acquire.

This proposal, which we field tested in Courbevoie, can eradicate some of the hunger in our country.

Gaining political and popular support

Many parliamentarians and elected officials, from both the right and left, support our approach, as do many celebrities such as Johnny and Laetitia Hallyday. The deputy mayor of our town, Jacques Kossowski, for instance, supported me, and I thank him warmly. 

There is a real national unity around our request. We also received valuable support from the association France ONE, the NGO founded by Bono, the lead singer of U2. Indeed, our struggle is international and could be used in other continents.

We presented this initiative on 28 January and 17 February at the National Assembly. And on 5 May, we were received at the Élysée Palace, where I received the support of the President of the Republic for our petition.

Our petition was passed unanimously on Friday, 10 April in the Senate as part of the law called ‘Macron’. The Union of Democrats and Independents (UDI) Senator Nathalie Goulet inserted an amendment into the law, and the Senate voted unanimously in favour of this legal framework for the direct distribution of unsold consumables with two clarifications: this concerns supermarkets over 1,000 square metres, and they will be able to partner with the association of their choice.

The Macron law will be officially passed in late June. Moreover, the Socialist deputy Guillaume Garot has fully summarised our petition in its report. It was not easy because he was opposed to parts of our proposal, but we persuaded him thanks to our arguments, and above all, thanks to the pressure of public opinion.

In parallel with the Macron Act, a law on ‘energy transition’ is being presented for a final reading at the National Assembly. UMP MP Frédéric Lefebvre, along with others (including UDI MP Maurice Leroy), decided to seize the opportunity to insert various amendments thereto, including the same one inserted in the Macron Act.

Through this, all supermarket brands will be required to give their unsold food to the association of their choice.

The goal is to pass the provision as quickly as possible. And the ‘energy transition’ law is being passed at this very moment. It is a victory, as all the groups have agreed to vote for it.

Future steps

The aim will then be to explain the applicability of the law to the French people. I was in Saint-Maur a few days ago, and then I was at a festival in Brides les Bains (in the Rhone-Alpes region) from 5 to 7 June. This initiative, which came from my town of Courbevoie, could be applicable in all of France.

This law, for which I fought for many long months, will allow all the middle class and the poor to eat and drink without the fear of whether or not they can afford it. And we will finally see the end of scandalous images of bleach being used on unsold food to prevent its consumption.

In the coming days, we will perform the same action at the European level. In Europe, more than 100 million people live below the poverty line. 

So, along with Change.org, we’re going to gather the signatures of one million European citizens, and, through the permissions of the Lisbon Treaty’s Citizens’ Initiative, call for a European directive that will require all supermarkets in Europe to pass on their unsold supplies.
Brotherhood still has meaning.

by Arash Derambarsh (elected official in the city of Courbevoie), with the support of Mathieu Kassovitz (actor, director)