mercredi 12 octobre 2011

Twitter et Facebook contribuent à la démocratie et à la liberté d'expression dans le monde

"Il ne faut pas donner de crédit à Facebook pour les révolutions arabes. Ce sont les gens qui ont fait la révolution".

Cette affirmation de Julien Codorniou (Directeur des partenariats France et Bénélux du réseau social Facebook) dans l'émission "des clics et des claques" sur Europe 1 (avec Laurent Guimier, David Abiker, Guy Birenbaum et Lise Pressac) démontre une parfaite méconnaissance de la situation (locale et géopolitique).

En effet, prenons l'exemple de l'Iran (qui n'est pas un pays arabe mais perse). Je la connais bien pour avoir des amis emprisonnés dans la prison d'Evin. Ils ont eu le tord de donner des rdv via twitter, d'informer via Facebook et d'envoyer une vidéo de la répression via Youtube.

Ainsi, l'élection présidentielle iranienne du 12 juin 2009 a reconduit au pouvoir, pour quatre ans, Mahmoud Ahmadinejad, le président sortant. Les résultats officiels l'ont crédité de 62,6 % des suffrages exprimés contre 33,7 % pour son principal opposant Mir Hossein Moussavi. La participation s'élevant à 85 %, ce qui est considérable.

Cependant, les résultats sont très vite contestés par de nombreux Iraniens et par les autres candidats, en particulier Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi. Mir Hossein Moussavi évoque des « fraudes massives » et la falsification des résultats de l'élection. Il s'oppose par conséquent à leur proclamation.

D'importantes manifestations se déroulent dans les jours qui suivent et rassemblent des millions d'Iraniens, à Téhéran et dans tout le pays. Elles sont fortement relayées par les médias à travers le monde, à partir du moment où la répression fait des morts, que l'opposition dénonce et que les Iraniens font connaître grâce à internet, pour contourner la censure. La mort filmée d'une jeune fille, Neda Agha Soltan, donne un visage aux victimes de la répression. Les résultats officiels sont confirmés après une enquête demandée par le pouvoir religieux et malgré les demandes de l'opposition soutenue par de très importantes manifestations.

Cette élection a fortement marqué l'histoire de la République islamique d'Iran. Elle a donné lieu au plus important mouvement de contestation depuis la Révolution de 1979, tant par l'ampleur des manifestations que par leur répression. Elle a également marqué l'importance des nouveaux médias dans la vie politique iranienne (Internet, téléphones mobiles, réseaux sociaux...), largement contrôlés et censurés, mais dont certains ont réussi à passer la censure.

Internet, et plus précisément les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) ont contribué à l'organisation de nombreuses manifestations en Iran afin de renverser le régime. Les sites en ligne ont permis de diffuser des photos et des vidéos amateurs. Twitter, Facebook, et les divers blogs ont été des lieux pour recueillir et échanger des informations.

Surtout, Twitter et Facebook ont été utilisé pour organiser des manifestations. Chose impossible sans ces outils durant la répression du régime.

En 2005, l'Iran recensait déjà 700 000 blogs. Il y a aujourd'hui plus de 20 millions d'internautes. Ils se sont organisés.

Twitter en particulier a été un lieu de rassemblement central pendant ces protestations.

Le Département d'État des États-Unis a demandé à l'entreprise de reporter une mise à niveau du réseau qui aurait brièvement déconnecté le service. Twitter a retardé la modernisation du réseau parce que les événements en Iran ont été directement liés à l'importance croissante de Twitter comme moyen important de communication et d'information.

En effet, par l'usage de messages privés indétectables par le régime, des contacts ont pu s'établir pour manifester. Ces prises de contacts ont été déterminants.



Outre l'utilisation des sites de réseau social par des manifestants pour recueillir et échanger des informations, des individus à travers le monde ont utilisé ces sites pour obtenir des nouvelles et informations sur les événements en Iran et les relayer auprès des journalistes. En raison de la censure stricte des médias étrangers par le gouvernement iranien, les sites de réseaux sociaux sont devenus la principale source d'information via vidéos et témoignages lors des manifestations et des affrontements.

Bien que le rôle de Twitter soit considéré comme central dans les protestations par les vrais acteurs de la révolte, The Economist a estimé que Twitter était tellement inondé de messages de soutien des Américains et des Britanniques qu'il a rendu le site presque inutile en tant que source d'information. Le gouvernement iranien avait pourtant tenté de faire, en vain. The Economist a affirmé que les sources les plus complètes d'informations en anglais ont été créées par les blogueurs qui ont retiré des informations utiles de la masse d'informations.

Un groupe anonyme, avec The Pirate Bay, a même lancé un site de soutien (Anonyme Iran). Le site a attiré plus de 200.000 internautes dans le monde entier. Des échanges d'informations ont ainsi pu avoir lieu entre le monde et l'Iran, malgré les tentatives du régime à censurer.

Ainsi donc, certes ce sont les "gens qui font la révolution".

Mais comment faire pour organiser des réunions sans être repéré par le régime ? Comment faire pour convenir d'une date et d'un lieu pour manifester sans être fiché puis arrêté par la police ? En effet, le téléphone ou le mail peuvent être facilement détectables par les renseignements généraux du régime. Contrairement à Twitter ou Facebook...

Dès lors, mes nombreux amis en Iran, avec qui je converse très régulièrement, me disent tous que Twitter et Facebook ont joué un rôle déterminant pour faire vaciller le régime islamiste.

Sans ces outils , il est impossible de faire tomber un régime totalitaire.

Le régime iranien n'est pas encore tombé contrairement à la Tunisie, l'Egypte ou la Libye mais ce n'est qu'une histoire de temps.

La démocratie et la liberté gagnent toujours.

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1 commentaire :

  1. en meme temps, son discours est aussi lié à sa fonction, et minimiser le role de FB permet de passer "sous le radar" des mesures de rétorsion, sans doute.

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